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19 mai 2026

Mode durable : pourquoi les allégations écologiques générales deviennent attaquables dès 2026

Les allégations de durabilité dans la mode sont en apparence simples : « fabriqué de manière durable », « collection écologique », « mode responsable ». Pourtant, ces formulations génériques exposent les entreprises à des risques juridiques croissants — au titre du Code de la consommation (et loi Climat et Résilience n° 2021-1104) dès aujourd'hui, et encore davantage à partir du 27 septembre 2026 avec l'entrée en vigueur de la directive EmpCo (UE 2024/825).

Pourquoi « mode durable » seul ne suffit pas

Le terme « durable » est un concept complexe qui englobe des dimensions très diverses : utilisation de matières premières respectueuses de l'environnement, procédés de production économes en ressources, conditions de travail équitables tout au long de la chaîne d'approvisionnement, durabilité du produit et traçabilité. Lorsqu'une entreprise utilise ce terme de manière générique dans sa communication, elle crée chez le consommateur des attentes qui vont bien au-delà d'un seul aspect — par exemple, la seule utilisation de coton certifié GOTS.

Le Code de la consommation (et loi Climat et Résilience n° 2021-1104) interdit les indications trompeuses sur les caractéristiques d'un produit ou d'un service. Une allégation est trompeuse lorsqu'elle est susceptible d'induire le consommateur moyen en erreur. Les tribunaux examinent de plus en plus strictement si les termes environnementaux génériques correspondent réellement aux performances globales d'une entreprise ou d'un produit.

Les nouveaux interdits de la directive EmpCo à partir du 27 septembre 2026

La directive EmpCo (UE 2024/825) introduit des interdictions per se qui s'appliquent sans nécessiter de démonstration cas par cas :

Ces interdictions s'appliquent à toute communication commerciale — site web, étiquettes, réseaux sociaux, emballages — et concernent les entreprises de toute taille, y compris les PME.

Le précédent général du greenwashing : l'arrêt Katjes (BGH)

Comme point de repère général sur les risques du greenwashing, le BGH a rendu le 27 juin 2024 un arrêt de référence (I ZR 98/23 – Katjes) : une allégation de neutralité climatique reposant sur la compensation CO2 est trompeuse sans divulgation complète et transparente. Si la plus haute juridiction civile allemande examine aussi strictement les allégations environnementales dans le secteur alimentaire, les tribunaux appliqueront la même rigueur à la mode, où les attentes des consommateurs en matière de durabilité sont particulièrement élevées.

Ce que cela signifie concrètement pour les entreprises de mode

Conclusion

La communication durable dans la mode ne consiste plus à utiliser les bons mots, mais à pouvoir les justifier. Le Code de la consommation (et loi Climat et Résilience n° 2021-1104) impose déjà aujourd'hui des exigences strictes en matière de vérifiabilité des allégations environnementales. La directive EmpCo va plus loin dès 2026 : les termes génériques non prouvés et les labels maison non certifiés deviennent des violations per se, exposant l'entreprise à des injonctions, des amendes et des atteintes à la réputation. Investir dès maintenant dans des certifications reconnues et une communication précise est à la fois une obligation légale et un avantage concurrentiel.

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Information générale, pas de conseil juridique

Empcora est un service purement de vérification et de documentation et fournit uniquement des informations générales sur la situation juridique sur la base de la directive EmpCo (UE 2024/825) et de sa transposition en droit français — Code de la consommation (pratiques commerciales trompeuses) et loi Climat et Résilience pour les allégations environnementales, références à l'appui. Il ne s'agit pas d'un conseil juridique individuel et cela n'inclut ni la reformulation ni la rédaction de textes. Aucune responsabilité ni garantie n'est engagée quant à l'exactitude, l'exhaustivité et l'actualité de l'analyse, ni quant à d'éventuelles conséquences juridiques. L'évaluation juridique du cas particulier incombe à un cabinet ou à un avocat agréé.