À partir du 27 septembre 2026, le règlement européen 2024/825 (« Empowering Consumers for the Green Transition ») révolutionne les règles applicables aux allégations environnementales. Ce guide complet explique de façon claire ce que régit la directive EmpCo, quelles allégations sont interdites, qui est concerné et comment identifier les risques de conformité dans votre entreprise.
Dernière mise à jour : 25 avril 2026 · Temps de lecture : environ 18 minutes
La directive EmpCo est officiellement la directive (UE) 2024/825 visant à donner aux consommateurs les moyens d'agir en faveur de la transition écologique grâce à une meilleure protection contre les pratiques déloyales et à une meilleure information — en abrégé : Empowering Consumers for the Green Transition Directive. Elle a été adoptée le 28 février 2024 par le Parlement européen et le Conseil, et publiée au Journal officiel de l'UE le 6 mars 2024. Elle modifie les deux principales directives relatives au droit de la consommation — la directive sur les pratiques commerciales déloyales (UCPD, 2005/29/CE) et la directive sur les droits des consommateurs (CRD, 2011/83/UE).
Cette directive fait suite à une étude empirique de la Commission européenne datant de 2020, qui avait classé plus de la moitié des allégations environnementales examinées dans la publicité comme vagues, trompeuses ou non fondées. Plus de 40 % s'avéraient même totalement infondées. Le Parlement européen a réagi avec un mandat politique clair : quiconque se prétend « vert » doit être en mesure de le prouver — et quiconque ne peut pas le prouver ne doit plus pouvoir faire de publicité dans ce sens.
Les États membres avaient jusqu'au 27 septembre 2026 pour transposer la directive dans leur droit national. Quiconque utilise encore aujourd'hui des termes tels que « neutre en carbone », « durable » ou « respectueux de l'environnement » dans sa communication externe ne dispose plus que de peu de mois pour adapter ses messages.
Le cœur de la directive EmpCo réside dans les nouvelles interdictions per se introduites à l'annexe I de l'UCPD — c'est-à-dire des pratiques qui sont considérées comme déloyales en toutes circonstances et donc interdites sans aucune mise en balance. La liste des pratiques commerciales déloyales est étendue par la directive EmpCo à quatre nouvelles infractions dans le domaine environnemental.
Les allégations environnementales générales sans preuve reconnue sont interdites. Cela inclut des termes comme durable, respectueux de l'environnement, écologique, vert, favorable au climat ou naturel. Ces termes ne pourront être utilisés à partir du 27.09.2026 que si leur excellente performance environnementale reconnue est démontrée sur la même page web ou dans le même support publicitaire.
Exemple interdit : « Notre emballage durable préserve l'environnement. » → Sans preuve concrète (ex. taux de recyclage, ISO 14021) interdit. Autorisé : « Emballage composé à 87 % de matière recyclée post-consommation, certifié selon ISO 14021. »
Les allégations publicitaires telles que neutre en carbone, CO₂-neutre, positif pour le climat ou carbon neutral, reposant sur la simple compensation des émissions de gaz à effet de serre (offsetting), sont absolument interdites à partir du 27.09.2026 — même si les projets de compensation sont certifiés. Le législateur considère que les consommateurs supposeraient à tort que le produit commercialisé n'a lui-même aucun impact climatique.
Exemple interdit : « Chocolat neutre en carbone grâce à la compensation de projets CO₂ certifiés. » → Même avec la mention « compensé volontairement » inadmissible. Plus de détails dans l'article : Neutre en carbone interdit en 2026.
Les entreprises ne peuvent plus utiliser leurs propres labels de durabilité, logos ou marques de qualité s'ils ne reposent pas sur un système de certification reconnu, vérifié par un tiers externe. La directive EmpCo exige que chaque label soit fondé sur des critères d'attribution publics et supervisé par un organisme indépendant. Les simples logos marketing « Eco-Choice », « Green Star » ou créations similaires sont de facto interdits.
Des affirmations telles que « Neutre en carbone d'ici 2030 » ou « Net Zéro d'ici 2040 » ne sont admissibles que si un plan de mise en œuvre clairement défini, échéancé et accessible au public existe, régulièrement vérifié par des experts externes indépendants. Les simples promesses de communication sans mesures documentées sont interdites. Quiconque communique sur l'avenir doit déjà être en mesure de livrer aujourd'hui — sous la forme d'un document de feuille de route transparent et vérifiable.
Les violations de la directive EmpCo peuvent être sanctionnées à trois niveaux — chacun pouvant mettre en péril l'existence de l'entreprise. Quiconque pense « tant que personne ne me poursuit en justice, je continue » sous-estime considérablement la densité des actions intentées par les associations de défense des consommateurs.
Dans le cadre de la coopération transfrontalière en matière de protection des consommateurs (règlement (UE) 2017/2394, « règlement CPC »), les États membres doivent imposer des amendes d'au moins 4 % du chiffre d'affaires annuel de l'entreprise dans l'État membre concerné pour les violations de grande envergure. Pour un groupe réalisant 200 millions d'euros de chiffre d'affaires, cela représenterait rapidement 8 millions d'euros par infraction. Dans les cas graves, le plafond peut atteindre jusqu'à 10 % lorsque plusieurs États membres sont concernés.
Bien avant la date limite de la directive EmpCo, la jurisprudence européenne a déjà fixé la barre haut. L'arrêt de référence Katjes I ZR 98/23 du 27 juin 2024 illustre que la publicité faisant mention de « neutralité climatique » sur des emballages produits sans explication claire du terme est trompeuse au sens de l'UCPD. Les consommateurs doivent comprendre si le produit lui-même a été fabriqué de manière neutre en carbone ou s'il est simplement compensé. Cette jurisprudence exige une information transparente sur le lieu même de la publicité — les notes de bas de page ou les liens vers des pages explicatives ne suffisent pas. Elle oriente l'interprétation de la directive EmpCo dans l'ensemble des États membres.
En France, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) est l'autorité nationale compétente pour contrôler et sanctionner les allégations environnementales trompeuses. Les associations de consommateurs agréées sont également habilitées à agir en justice. Au niveau européen, des associations comme la Deutsche Umwelthilfe ont intenté plus de 100 actions en justice pour greenwashing et gagnent régulièrement — de TotalEnergies (« gaz naturel vert ») à Apple (« Apple Watch neutre en carbone »). S'y ajoutent les concurrents qui peuvent introduire des actions en cessation — et qui sont souvent les premiers à agir.
Une première mise en demeure coûte entre 1 500 € et 6 000 € en honoraires d'avocats — par allégation incriminée. Quiconque ne s'y soumet pas risque une ordonnance de référé avec des frais judiciaires supplémentaires. Des tableaux de coûts détaillés et des exemples pratiques sont disponibles dans le guide Directive EmpCo : résumé pour les PME.
La directive EmpCo — contrairement à certains règlements européens prévoyant des seuils de taille (CSRD, CSDDD) — ne fait aucune distinction entre grandes entreprises et PME. Elle s'adresse à tout professionnel qui fait des allégations publicitaires aux consommateurs concernant des caractéristiques environnementales, la neutralité climatique ou la durabilité.
Même un entrepreneur individuel avec une boutique en ligne ou une page de destination est concerné. Aucune dérogation n'est prévue pour les micro-entreprises.
Les PME sont la principale cible des vagues de plaintes, car les textes marketing y sont souvent rédigés sans contrôle juridique.
Les groupes avec une publicité à l'échelle européenne peuvent faire face à des amendes de plusieurs millions d'euros pour des violations transfrontalières.
Toute communication aux consommateurs (site web, emballage, TV, radio, publicité en ligne, posts d'influenceurs) relève de la directive EmpCo.
La communication purement B2B n'est pas directement visée, mais indirectement : un fournisseur qui répercute des allégations de greenwashing risque des demandes de dommages-intérêts de la part de ses clients.
Les plateformes comme Amazon, eBay ou Etsy sont de plus en plus coresponsables lorsque des vendeurs y diffusent des allégations de greenwashing.
Risques sectoriels ? Les guides sectoriels montrent quels termes sont typiques dans chaque secteur et lesquels sont particulièrement dangereux : Alimentation, Mode & Textile, Énergie, Finance, Tourisme.
La directive EmpCo parle de « communication commerciale » — un terme volontairement large. Il englobe toute forme de communication externe à caractère commercial, susceptible d'influencer la décision d'achat des consommateurs. Concrètement, cela signifie :
Important : Même les contenus anciens mis en ligne avant le 27.09.2026 sont soumis aux nouvelles règles. Il n'existe pas de clause de protection pour les contenus existants. Par exemple, quiconque fait la publicité d'un article de blog de 2020 avec « neutre en carbone » doit mettre à jour cet article avant la date limite ou le retirer — sinon il sera considéré comme une communication commerciale interdite à partir du 28.09.2026.
La directive EmpCo autorise expressément les allégations environnementales dès lors qu'elles reposent sur des systèmes de certification reconnus ou des normes vérifiées de manière indépendante. L'aperçu suivant liste les preuves reconnues les plus importantes — elles constituent en quelque sorte la boîte à outils pour une communication verte étayée.
Norme internationale pour les systèmes de management environnemental. Certification externe par des organismes accrédités.
Label environnemental harmonisé à l'échelle de l'UE avec analyse du cycle de vie. Uniquement pour les catégories de produits avec critères d'attribution publiés.
Label environnemental allemand depuis 1978. Attribué par RAL gGmbH selon les critères de l'Agence fédérale de l'environnement.
Certifications pour la sylviculture durable. Traçabilité complète de la chaîne de custody pour les produits bois et papier.
Global Organic Textile Standard — fibres biologiques et normes sociales minimales dans les textiles.
Système de management environnemental et d'audit de l'UE. Nettement plus strict qu'ISO 14001, avec déclaration environnementale publique.
Science Based Targets Initiative — objectifs de réduction basés sur la science, compatibles avec la trajectoire 1,5 °C.
Certificat d'économie circulaire en niveaux Bronze à Platine, avec évaluation de la santé des matériaux.
Textiles testés pour l'absence de substances nocives, reconnus pour les vêtements, textiles d'intérieur et produits pour bébés.
Retrouvez plus de formulations concrètes avec justificatif dans le guide Alternatives à « neutre en carbone » : 15 formulations étayées.
Quiconque fait de la publicité avec des promesses futures — par exemple « Nous serons neutres en carbone d'ici 2035 » — doit selon la directive EmpCo présenter un plan de transition élaboré (« transition plan »). Ce plan constitue en fait une feuille de route climatique et doit répondre aux exigences minimales suivantes :
Pour les entreprises déjà soumises à la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), la charge est limitée — les plans de transition y sont de toute façon requis. Pour les PME non soumises à la CSRD, l'exigence est toutefois substantielle. Solution propre : soit étayer les promesses futures avec un plan vérifié — soit renoncer entièrement à de telles allégations et communiquer à la place sur des réductions déjà réalisées.
La directive EmpCo est transposée dans le droit national via le Code de la consommation et les textes relatifs aux pratiques commerciales trompeuses. Trois axes sont particulièrement pertinents en droit français :
Le Code de la consommation (art. L121-2 s.) interdit les pratiques commerciales trompeuses en général. Grâce à la directive EmpCo, le catalogue des infractions est étendu : désormais, toute allégation environnementale non étayée par des normes reconnues est considérée comme trompeuse — et donc sanctionnable par la DGCCRF et les juridictions compétentes.
L'art. L121-3 du Code de la consommation couvre également la dissimulation d'informations essentielles. Quiconque fait de la publicité avec « neutre en carbone » sans divulguer la base de certification ou sans informer sur le rôle de la compensation tombe sous cette disposition — position confirmée par la jurisprudence européenne de référence (notamment l'arrêt BGH Katjes, I ZR 98/23).
Par analogie avec l'annexe I de l'UCPD, la loi Climat et Résilience (n° 2021-1104) encadre spécifiquement les allégations environnementales en droit français. Cette loi est complétée par la transposition de la directive EmpCo, qui ajoute de nouvelles interdictions per se — notamment les allégations de neutralité climatique fondées sur la compensation, les termes environnementaux génériques et les labels maison inadmissibles. La DGCCRF est l'autorité nationale chargée du contrôle et de la sanction.
Établissez une matrice de risques pour votre site web : listez tous les termes environnementaux dans un tableau et classez-les — interdiction per se (à supprimer immédiatement, annexe I UCPD), pratique trompeuse (preuve requise, art. L121-2 s. C. conso.), non critique (information descriptive purement factuelle). Une version automatique gratuite est proposée par le Greenwashing-Check.
La directive EmpCo et la Green Claims Directive (GCD) sont souvent confondues ou assimilées. En réalité, ce sont deux actes juridiques apparentés mais distincts dans leur contenu :
Autrement dit : la directive EmpCo est la norme d'interdiction, la GCD sera la norme de preuve. Quiconque est conforme à la directive EmpCo a déjà couvert les deux tiers du chemin pour la GCD — mais la documentation ACV supplémentaire requise s'y ajoutera. Il est donc judicieux de commencer dès maintenant à collecter les données pour les futures obligations de justification.
Il ne reste plus que quelques mois avant le 27 septembre 2026. Quiconque commence maintenant atteindra facilement la date limite. Le plan en 8 étapes suivant est la feuille de route éprouvée pour une communication externe conforme à la directive EmpCo :
Rassemblez tous les textes : site web, boutique en ligne, emballages, posts sur les réseaux sociaux, newsletters, annonces publicitaires. Utilisez des scanners automatisés comme Empcora pour identifier tous les termes problématiques en une seule fois.
Classez chaque occurrence comme (a) interdiction per se — à supprimer immédiatement, (b) terme générique sans preuve — vérifier la preuve ou reformuler, (c) autorisé avec justificatif — sécuriser le justificatif.
Pour chaque allégation autorisée, constituer un dossier de preuves : certificats, documentation méthodologique, données de mesure, expertises externes. Cette collection constitue votre ligne de défense en cas de litige.
Remplacez les termes vagues par des chiffres concrets. Au lieu de « durable » → « 87 % de matière recyclée selon ISO 14021 ». Au lieu de « neutre en carbone » → « Émissions réduites de 47 % depuis 2019 (vérifiées selon ISO 14064-1) ».
Remplacez les logos autoproduits par des labels reconnus — ou supprimez-les entièrement. Piège très courant : autocollants comme « expédié de manière respectueuse du climat » sur les cartons d'envoi.
Si vous communiquez sur des promesses futures : élaborer une feuille de route climatique avec des mesures concrètes, des investissements, une distinction Scope 1-2-3 et une vérification externe. Publier sur votre propre domaine.
Former les équipes marketing, relations publiques et réseaux sociaux. Compléter le guide de style par une clause EmpCo. Instaurer le principe des quatre yeux pour tout texte publicitaire à caractère environnemental.
Les sites web évoluent en permanence. Mettez en place un monitoring mensuel de re-scan. Ainsi, les nouvelles violations sont détectées avant que les avocats spécialisés en droit de la concurrence ne les repèrent.
Un guide étape par étape détaillé avec modèles est disponible dans le guide Rendre son site web conforme à la directive EmpCo : pas à pas. Ceux qui sont pressés doivent garder un œil sur le compte à rebours : Échéance EmpCo septembre 2026 : ce qui doit être fait d'ici là.
Les questions les plus fréquentes issues de plus de 200 entretiens avec des PME, des responsables marketing et des juristes internes — structurées et répondues.
La directive EmpCo (Empowering Consumers for the Green Transition, UE 2024/825) est une directive européenne du 28 février 2024 visant à protéger les consommateurs contre les allégations environnementales trompeuses et les labels de durabilité non fiables. Elle a été transposée dans le droit national des États membres avant le 27 septembre 2026. Les nouvelles interdictions s'appliquent à partir de cette date à toute forme de communication commerciale.
Les interdictions matérielles (interdictions per se, termes environnementaux génériques, labels propres, plans de transition) s'appliquent à partir du 27 septembre 2026. D'ici là, les entreprises ont le temps d'adapter leur site web, emballages, annonces publicitaires et comptes sur les réseaux sociaux aux nouvelles exigences.
Les violations peuvent être sanctionnées par des amendes allant jusqu'à 4 % du chiffre d'affaires annuel de l'entreprise dans l'État membre concerné. Pour les violations transfrontalières, le règlement 2017/2394 prévoit même un minimum de 4 % du chiffre d'affaires. S'y ajoutent des mises en demeure au titre du droit de la concurrence déloyale, des injonctions et des demandes de dommages-intérêts — notamment de la part d'associations de protection des consommateurs ou de concurrents.
Oui. La directive EmpCo ne distingue pas selon la taille de l'entreprise. Tout professionnel qui fait des allégations environnementales aux consommateurs — qu'il s'agisse d'un travailleur indépendant, d'une PME, d'une entreprise de taille intermédiaire ou d'un grand groupe — est soumis à l'interdiction.
Oui. Les labels reconnus avec contrôle indépendant par un tiers — par exemple EU Ecolabel, Ange Bleu, FSC, PEFC, GOTS, OEKO-TEX, Fairtrade, Cradle to Cradle, EMAS ou ISO 14001 — peuvent toujours être utilisés. En revanche, les labels de durabilité créés par l'entreprise elle-même sans processus de certification et les labels dont les critères d'attribution ne sont pas vérifiables publiquement sont interdits.
Une interdiction per se signifie que l'allégation concernée est automatiquement considérée comme trompeuse — sans qu'un examen au cas par cas soit nécessaire. Il n'est pas vérifié si la publicité induit réellement les consommateurs en erreur. Exemple : « neutre en carbone » sur la base de certificats de compensation est interdit sans condition à partir du 27.09.2026 — même si les certificats sont sérieux et vérifiables.
La directive EmpCo (UE 2024/825) est déjà adoptée et entre en vigueur le 27.09.2026. Elle régit les interdictions des allégations environnementales trompeuses et des labels non fiables. La Green Claims Directive (GCD) est encore en cours de procédure législative de l'UE et viendra compléter les obligations de justification — c'est-à-dire la manière dont une entreprise doit prouver scientifiquement une allégation environnementale autorisée. La directive EmpCo sanctionne donc les allégations inadmissibles, tandis que la GCD renforcera les exigences de preuve pour les allégations admissibles.
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Dernière mise à jour : 25 avril 2026 · Publié : 20 avril 2026 · Auteur : Équipe éditoriale Empcora